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Dompter l’incertitude pour préparer l’avenir

Posted: sept. 14, 2020
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COVID-19, changements climatiques et emballement technologique nous promettent un avenir contraignant et incertain. Notre système de formation doit trouver le meilleur moyen de s’y adapter, mais sur quoi mettre l’accent et comment s’y préparer ?


Il a fallu sortir de sa zone de confort, innover, travailler autrement, faire appel à sa créativité. La pandémie a forcé tout le monde à sortir des sentiers battus, et la HES-SO Valais-Wallis ne fait pas exception. Grâce à un énorme travail partagé et souvent difficile, le personnel de l’école a développé des outils, des projets et des méthodologies inédites en un temps record et sur de nombreux fronts : enseignement à distance, organisation interne, projets de recherche, support aux secteurs les plus touchés, aide aux plus démuni·e·s, mise à disposition des ressources et connaissances, etc. Des couacs ont été constatés et certaines personnes en sont sorties affaiblies, mais malgré ce bouleversement majeur, la structure de l’école a tenu bon grâce aux efforts d’adaptation de chacun·e.

Aussi tragique qu’elle soit, cette crise sans précédent a mis en lumière l’élasticité étonnante de notre faculté d’adaptation. Plus intéressant encore, elle nous permet aujourd’hui d’entrevoir des pistes de réflexion fertiles afin de faire face aux épreuves de demain, et ainsi répondre à la question : comment la formation HES peut-elle s’ajuster efficacement aux besoins de la prochaine génération ?

 

 

Une réponse à l’incertitude

« Par sa structure en mille-feuille la HES-SO Valais-Wallis s’adapte difficilement aux changements rapides. Par contre, sa structure est pérenne et les salaires sont versés. » Blaise Larpin, professeur en tourisme à la HEG, pose le diagnostic. Notre école est aussi résistante que fonctionnelle, mais elle n’a pas été façonnée dans le but de réagir rapidement.

Et pourtant. En l’espace d’une semaine, tous les cours ont été proposés en ligne. Un comité de sélection inter-écoles des meilleurs projets COVID a été créé et 25 projets de recherche sur 50 ont été soutenus, développés et démarrés rapidement afin de répondre aux problématiques des partenaires de terrain (lire ci-contre). Certains sont d’ailleurs déjà terminés. Les services informatique ont redoublé d’efforts pour s’assurer que les serveurs supportent le choc du télétravail généralisé. Cyberlearn a développé un véritable panel d’outils informatiques pour les enseignant·e·s. La plupart des collaborateur·trice·s ont continué leur travail depuis chez eux sans trop de désagréments. Beaucoup d’étudiant·e·s ont désiré s’engager dans des institutions sociales ou médicales, l’armée ou des EMS. D’autres ont accouché de très belles initiatives, comme cette plateforme de soutien à l’économie locale nommée Local19.

 

" Jamais auparavant le corps professoral n’a fait preuve d’autant d’imagination et de créativité dans son enseignement "

Natalie Sarrasin, professeure HEG

 

Bref, tout le monde s’est adapté et même si certain·e·s ont davantage pédalé que d’autres, la machine ne s’est pas arrêtée. Mieux, elle a montré les conséquences positives qu’un peu de jeu dans les rouages pouvait occasionner, notamment au niveau de l’enseignement, comme l’a constaté Nathalie Sarrasin, maître d’enseignement et conseillère pédagogique de proximité. « Cette situation d’incertitude a été difficile à vivre pour les professeur·e·s, mais finalement c’est un mal pour un bien car jamais auparavant, sur un temps si court, le corps professoral n’a fait preuve d’autant d’imagination et de créativité dans son enseignement, ce qui le rend plus riche pour les étudiant·e·s ».

Apprendre la souplesse

Alors quel enseignement garder de cette période ? Claude-Alexandre Fournier, responsable de l’institut Santé, estime que les situations de crise vont s’intensifier, un point de vue partagé par l’essentiel de la communauté scientifique spécialisée.  Il serait donc pertinent d’apprendre à devenir plus efficace dans l’incertitude et à « ajuster sa réponse à la situation ». Pour cela, il faut travailler sur la faculté d’adaptation. Or, pour Marion Repetti, responsable de l’institut Travail Social, « les gens s’adaptent par défaut. On ne peut pas le leur apprendre ou les pousser à s’adapter ». Sabrina Alberti, psychologue et professeure à la Haute Ecole de Santé, rajoute que « les personnes qui s’adaptent le mieux sont celles qui sont habituées aux changements et à sortir de leur zone de confort. Elles sont capables de faire face sans paniquer, ce qui leur permet de développer des solutions efficaces ». In fine, les deux femmes se rejoignent sur une idée commune : la HES-SO Valais-Wallis pourrait davantage valoriser cette faculté. Mais comment faire ?

 

" Les soft skills apportent une réponse adaptée aux enjeux de demain "

François Seppey, directeur

 

Bonne nouvelle : l’école le fait déjà, du moins en partie. Responsable de la filière Tourisme, Dominique Fumeaux en veut pour preuve l’intégration des soft skills dans l’enseignement. « Dans le Plan d’Etude Cadre (PEC) en Tourisme, une compétence-clé (ou soft skill) est la flexibilité cognitive, que l’on peut comparer à la capacité de changement d’attitude en fonction des exigences. Elle est essentielle à un·e futur·e diplômé·e, dans un milieu qui évolue très vite ». Des programmes comme ceux de la Team Academy (HEG et HEdS) ou Business expérience valorisent aussi ce type de compétences, tout comme les nouvelles méthodologies de travail dites « agiles » comme la méthode SCRUM. Cette évolution est d’ailleurs soutenue par la direction de l’école: « Nous désirons en effet intégrer plus largement les soft skills, car elles apportent une réponse adaptée aux enjeux de demain. Nous le ferons au cas par cas, car chaque filière d’étude entretient un rapport différent avec les hard skills, à savoir les aptitudes concrètes et mesurables » confirme François Seppey. 

Assouplir l’ossature

Au niveau structurel, des pistes de réflexion émergent afin de flexibiliser les processus décisionnels, « dans des conditions bien précises, en lien par exemple avec les questions de confiance et de liens interpersonnels », lance Blaise Larpin. Mais il est trop tôt pour en parler, les résultats de plusieurs projets HES liés aux bonnes pratiques ne seront connus que dans plusieurs mois.

La crise du COVID-19 aura passablement secoué le sapin. La majorité des organisations déploient maintenant les grands moyens pour que le monde de demain ressemble le plus possible à celui d’hier, à tort ou à raison.  Mais une chose est certaine. Ce printemps, plus que tous les autres printemps avant lui, a vu les jardins fleurir de mille nouveaux éclats. Une multitude de graines ont été plantées, ici et ailleurs, dans nos terres… et dans nos tripes.

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